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Aphantasie et autisme, TDAH, dépression : ce que montre la recherche

L'aphantasie coexiste plus souvent avec certains profils neurodivergents — les liens, ce que la recherche sait et ce qu'elle ignore.

L'aphantasie apparaît plus souvent en association avec certains profils neurodivergents — en particulier le spectre de l'autisme, le TDAH et le SDAM. Avec la dépression, le tableau est plus complexe : l'aphantasie peut être à la fois un symptôme associé et un facteur de complication. Cette page résume la recherche actuelle de manière compacte.

Scores AQ élevés

Spectre autistique

traits autistiques plus marqués dans certaines études (Dance 2021/2022) ; données contrastées

Indices de co-occurrence

Diagnostic de TDAH

enquêtes communautaires ; aucune donnée contrôlée

Chevauchement important

avec aphantasie

présentent aussi des signes de SDAM

Pas de risque accru

Dépression et aphantasie congénitale

aucune preuve solide de risque accru

Corrélation ≠ causalité

L'aphantasie n'est PAS un indicateur d'autisme, de TDAH ou de dépression. Cet aperçu montre des co-occurrences statistiques — rien de plus.

Aphantasie et spectre de l'autisme

Scores AQ élevés (données contrastées)

Plusieurs études (Dance et al. 2021, 2022) rapportent des indices de traits autistiques légèrement plus élevés (scores AQ plus élevés) chez les personnes aphantasiques par rapport à la population générale. Les données restent toutefois mitigées : Dupont et al. (2024) n'a trouvé aucune différence significative des scores AQ entre les deux groupes. Il ne s'agit donc pas d'une différence de prévalence diagnostique établie, mais d'une association de traits encore débattue.

Explication possible : les deux phénomènes impliquent des différences de connectivité entre les régions cérébrales frontales et sensorielles. Direction importante : l'aphantasie n'est PAS un indicateur d'autisme. Inversement, l'absence d'aphantasie n'exclut pas l'autisme. Les deux constats apparaissent ensemble plus souvent que le hasard ne le prédirait — rien de plus.

L'aphantasie n'est PAS un indicateur d'autisme.

Aphantasie et TDAH

Indices de co-occurrence

Les données sur le TDAH sont plus minces que celles sur l'autisme. Les enquêtes communautaires suggèrent une cooccurrence plus fréquente ; des données contrôlées et évaluées par les pairs à ce sujet font encore défaut.

Les explications vont dans deux directions :

  • 1L'aphantasie pourrait atténuer le profil typique du TDAH de « filtre des stimuli visuels » — moins d'images intérieures, moins de distraction.
  • 2Les deux pourraient exprimer des variations des systèmes dopaminergiques qui influencent à la fois l'attention et l'imagination.

Des études contrôlées restent à mener.

Aphantasie et dépression

Pour la dépression, deux constellations doivent être distinguées :

1

Aphantasie congénitale + dépression

Il n'existe aucune preuve solide que l'aphantasie de longue date (congénitale) augmente le risque de dépression. Celles qui n'ont jamais eu d'images mentales ne semblent pas plus sujettes à la dépression pour cette raison.

2

Aphantasie acquise soudainement dans le contexte d'une dépression

C'est significatif sur le plan neurologique et psychiatrique. Des épisodes dépressifs sévères peuvent réduire temporairement la vivacité de l'imagerie — souvent accompagnés d'anhédonie, de troubles de la concentration et d'une régulation affective réduite. Une évaluation médicale est importante ici.

Pertinent en clinique : certaines thérapies établies de la dépression (p. ex. l'imagery rescripting pour le TSPT) supposent une imagination vive. Pour les personnes aphantasiques, des méthodes alternatives verbales ou corporelles sont souvent mieux adaptées.

Aphantasie et SDAM (mémoire autobiographique)

Chevauchement important

Une aphantasie fortement marquée est corrélée avec le Severely Deficient Autobiographical Memory (SDAM) — la tendance à se souvenir de sa vie de manière factuelle plutôt que scénique.

Toutes les personnes aphantasiques n'ont pas de SDAM, et toutes les personnes avec un SDAM n'ont pas d'aphantasie. Mais le chevauchement est important : une enquête communautaire de l'Aphantasia Network (plus de 14 000 répondants auto-sélectionnés, non publiée dans une revue à comité de lecture) rapporte que les signes typiques de SDAM sont nettement plus fréquents chez les répondants aphantasiques que dans la population générale. Ces chiffres, issus d'auto-déclarations et non d'une étude scientifique publiée, n'ont pas de valeur diagnostique.

Au quotidien : les voyages, les anniversaires, les étapes personnelles sont mémorisés plutôt comme une « liste de faits » que comme une « séquence de film ». Ce n'est pas pathologique, mais cela peut être émotionnellement pesant pour certaines personnes à qui manque la sensation de « revivre » leurs souvenirs.

Les voyages, anniversaires et étapes personnelles sont mémorisés comme des faits — pas comme une séquence de film.

Quand une aide professionnelle a du sens

L'aphantasie en soi n'est pas une raison de chercher une aide médicale ou psychothérapeutique. Mais il y a trois situations où un soutien professionnel a du sens :

1

Si la découverte de l'aphantasie ébranle l'estime de soi ou l'identité : un accompagnement psychothérapeutique peut aider à recadrer sa propre façon de penser.

2

Si des symptômes concomitants de dépression, d'anxiété, de TDAH ou d'autisme deviennent pesants : traiter les phénomènes associés de manière ciblée, pas l'aphantasie.

3

Si l'aphantasie est apparue soudainement (imagination auparavant normale) : évaluation neurologique et psychiatrique.

Important : un diagnostic d'aphantasie n'est pas pertinent sur le plan psychiatrique. Il n'existe pas de « thérapies de l'aphantasie » sérieuses sur le marché — méfiez-vous des prestataires qui promettent une guérison.

Quelles formes de thérapie fonctionnent avec l'aphantasie — et lesquelles non

Fonctionne souvent MAL

  • Imagery rescripting (classique)
  • Imagination guidée
  • Hypnose avec images d'ancrage visuelles
  • Exercices de pleine conscience avec ancres visuelles

Meilleures alternatives

  • TCC à dominante verbale
  • EMDR
  • Somatic Experiencing (approche corporelle)
  • ACT (thérapie d'acceptation et d'engagement)
  • Approches langagières et narratives

Demandez concrètement aux thérapeutes : « Quelles méthodes proposez-vous si quelqu'un ne peut pas produire d'images intérieures ? » Celui qui répond « entraînement à l'imagerie » ne connaît probablement pas le sujet.

— Recommandation de l'Aphantasia Network

Questions fréquentes

L'aphantasie signifie-t-elle que j'ai un autisme ?

Non. L'aphantasie apparaît plus souvent avec l'autisme, mais la plupart des personnes aphantasiques ne sont pas sur le spectre de l'autisme. Un diagnostic d'autisme exige de nombreux autres critères sans rapport avec l'imagerie mentale.

L'aphantasie s'aggrave-t-elle avec une dépression croissante ?

Lors d'épisodes dépressifs sévères, certaines personnes rapportent une réduction supplémentaire de la vivacité de leur imagerie. Avec le traitement de la dépression, la capacité d'imagerie antérieure revient généralement. Dans l'aphantasie présente depuis toujours, la dépression est un sujet distinct — elle n'est pas « amplifiée » par l'aphantasie.

Quelles thérapies fonctionnent mal avec une aphantasie ?

Les méthodes exigeant une visualisation intense : l'imagery rescripting classique, l'imagination guidée, certaines méthodes d'hypnose, certains exercices de pleine conscience avec des images d'ancrage visuelles. Les alternatives incluent la TCC à orientation verbale, l'EMDR, les méthodes somatiques (somatic experiencing) et l'ACT (thérapie d'acceptation et d'engagement).

Où trouver des praticiens compétents ?

Il n'existe pas encore de centres spécialisés. Cherchez des thérapeutes ouverts à la neurodivergence et à la variation cognitive. Demandez directement : « Quelles méthodes proposez-vous si quelqu'un ne peut pas produire d'images intérieures ? » S'ils répondent « entraînement d'imagerie », ils ne connaissent probablement pas le sujet.

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