Quelle est la fréquence de l'aphantasie ? Prévalence et chiffres de la recherche
Des chiffres fiables issus de la recherche actuelle — de la population mondiale aux données régionales, du spectre à la génétique.
Pendant des décennies, l'aphantasie a été traitée comme une curiosité isolée — on sait aujourd'hui qu'elle concerne environ 1 % des personnes selon la définition la plus stricte, et jusqu'à ~4 % selon une définition élargie incluant les formes plus légères. À l'échelle mondiale, cela représente entre 80 et 320 millions de personnes selon le seuil retenu. Cette page résume les chiffres fiables issus de la recherche actuelle.
~1–4 %
de la population mondiale
~1 % au sens strict, ~4 % avec hypophantasie
~80–320 M
dans le monde
concernées (estimation)
~0,7–2,7 M
en France
selon le seuil (1–4 %)
Le spectre de l'imagerie mentale
L'aphantasie est un spectre — de l'absence complète d'images aux images mentales extrêmement vives.
Aphantasie
~1 %
Hypophantasie
~3 %
Moyenne
~90 %
Hyperphantasie
~6 %
D'où viennent ces chiffres ?
Les estimations les plus fiables proviennent de deux études de prévalence à grande échelle : Wright et al. (2024, n = 9 063) et Dance et al. (2022, n = 1 004). Les deux utilisent le VVIQ comme instrument de mesure, avec des seuils différents :
- Strict (VVIQ = 16, Wright et al. 2024) : ≈ 1 %
- Élargi (VVIQ ≤ 32, Dance et al. 2022) : ≈ 3,9 %
- Hypophantasie, imagerie fortement réduite sans aphantasie complète (VVIQ 17–32, Wright et al. 2024) : ≈ 3,3 %
Ces chiffres ne se contredisent pas entre eux — ils répondent à des questions différentes selon le seuil retenu. Une enquête communautaire de l'Aphantasia Network (plus de 14 000 répondants auto-sélectionnés, non publiée dans une revue à comité de lecture) apporte des indications complémentaires, mais ne doit pas être considérée comme une étude scientifique au même titre que les précédentes.
Estimations régionales
France
Population: ~68 M
Aphantasie : 0,7–2,7 M
Belgique
Population: ~12 M
Aphantasie : 120k–480k
Canada
Population: ~40 M
Aphantasie : 0,4–1,6 M
Différences entre hommes et femmes
Les études disponibles (Dance et al. 2022 ; Milton et al. 2021) ne montrent aucune différence significative entre hommes et femmes dans la prévalence de l'aphantasie. Les chiffres parfois cités en ce sens ne reposent sur aucune publication vérifiable. La majorité des personnes concernées, quel que soit leur genre, mènent une vie pleinement épanouie avec leur aphantasie.
Agrégation familiale — un indice génétique
L'aphantasie survient plus souvent au sein des mêmes familles, ce qui suggère une composante génétique.
(Zeman et al., 2020)
Les études (Zeman et al. 2020, Cortex) montrent que l'aphantasie tend à se regrouper dans les familles : les parents au premier degré d'une personne aphantasique sont plus souvent également concernés. Cela pointe vers une composante génétique, mais aucun facteur de regroupement précis n'est encore établi de manière fiable en 2026 — les candidats incluent des gènes liés à la connectivité entre le cortex visuel et le lobe frontal.
Un spectre, pas un interrupteur
L'aphantasie n'est pas un état binaire oui/non, mais un spectre. L'échelle du VVIQ va de 16 (absence complète d'imagerie) à 80 (images extrêmement vives). Environ 4 % des personnes se situent à l'extrémité basse (aphantasie selon la définition élargie, VVIQ ≤ 32, Dance et al. 2022), environ 6 % à l'extrémité haute (hyperphantasie, VVIQ 75–80, Wright et al. 2024), le reste se répartissant entre les deux (médiane VVIQ 57, IQR 49–65, Wright et al. 2024). Une personne avec un VVIQ de 24 à 35 (« nettement en dessous de la moyenne ») n'a pas une « aphantasie légère » — elle a simplement des images mentales moins vives que la moyenne.
~1–4 % n'est pas une incertitude — c'est une question de seuil
Les chiffres différents selon les études ne viennent pas d'une incertitude des chercheurs. Ils viennent de seuils VVIQ différents qui incluent des populations différentes.
Avec un seuil strict (VVIQ = 16), c'est ~1 % (Wright 2024). Avec la définition courante (VVIQ ≤ 32), c'est ~3,9 % (Dance 2022). Pour un usage courant, ~4 % (hypophantasie incluse) est une valeur repère fiable.
- VVIQ = 16 : définition stricte — ~1 % (Wright 2024)
- VVIQ ≤ 32 : définition courante — ~3,9 % (Dance 2022)
Questions fréquentes
L'aphantasie est-elle aussi fréquente chez les enfants que chez les adultes ?
Probablement oui. L'aphantasie est congénitale dans la plupart des cas, la prévalence reste donc constante au cours de la vie. Elle a été difficile à étudier chez les enfants, car le VVIQ exige une réflexion verbale à partir de 12 ans environ.
Existe-t-il des pays ou des cultures avec plus ou moins d'aphantasie ?
Les études actuelles ne montrent aucune différence régionale pertinente. La prévalence aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, en Australie et au Japon est comparable. Cela plaide pour une base biologique plutôt que culturelle.
Combien de personnes ignorent qu'elles ont une aphantasie ?
Les estimations basées sur les auto-déclarations suggèrent que plus de la moitié des personnes concernées ne découvrent leur aphantasie qu'après 25 ans. Beaucoup ont vécu des décennies en supposant qu'« imaginez-vous » était une métaphore pour tout le monde.
Y a-t-il un lien avec des talents particuliers ?
Une étude à échantillon auto-sélectionné (Zeman et al. 2020, Cortex) a trouvé une association entre l'aphantasie et les professions technico-mathématiques ainsi que le développement logiciel. Savoir si c'est causal (moins de distraction visuelle en programmant) ou un effet de sélection (des métiers qui fonctionnent sans images mentales) reste une question ouverte — et la preuve reste faible du fait de la nature auto-sélectionnée de l'échantillon.
Où vous situez-vous sur le spectre ?
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